Spectacles

Fanny

Texte lauréat de l’Aide nationale à la création de textes dramatiques pour la session de mai 2020 d’ARTCENA

Commande à Rébecca Déraspe pour Gisèle Torterolo sur une idée originale de Fabien Joubert et Rémy Barché

mise en scène Rémy Barché

Distribution

Avec Daniel Delabesse dans le rôle de Dorian, Elphège Kongombé dans celui d’Alice et Gisèle Torterolo dans le rôle de Fanny.

Collaboratrice artistique Alix Fournier-Pittaluga
Scénographie Salma Bordes
Création son Antoine Reibre
Création vidéo Stéphane Bordonaro
Création lumières Florent Jacob
Régie générale François Picard
Administration, production Mathilde Priolet
Diffusion Laurence Lang

durée estimée 2h15

tout public à partir de 14 ans

Production

Production O’Brother Company et Compagnie Moon Palace
Coproduction ACB – Scène nationale de Bar-le-Duc, La Comédie Centre dramatique national de Reims, Théâtre ouvert, Le Carreau scène nationale de Forbach.
Avec l’aide à la création et à la diffusion de la DRAC et de la Région Grand Est et du département de La Marne. Avec le soutien de la Ville de Reims et la participation artistique du jeune Théâtre National.

Le texte de la pièce Fanny est publié par «Théâtre Ouvert Editions/Collection Tapuscrit»

le dossier du spectacle est téléchargeable ici.

Calendrier

Écriture : juillet-novembre 2019

Premier temps de résidence du 11 au 13 novembre 2019 au TAPS de Strasbourg

Second temps de résidence du 10 au 18 décembre et restitutions publiques le 18 décembre 2019 à la Comédie de Reims et le 27 septembre 2020 à la MC93 de Bobigny dans le cadre du Festival Zoom de Théâtre ouvert

Répétitions

  • du 30 août au 18 septembre 2021 à la Comédie de Reims. Des répétitions ouvertes auront lieu le 18/09/2021 dans le cadre de la journée du Patrimoine à la Comédie de Reims
  • Du 1er au 15/11/2021 à la Comédie de Reims

Représentations

Saison 2021-2022

La pièce

C’est une histoire banale, en apparence. Fanny vient tout juste d’avoir 55 ans. Elle vit avec son conjoint Dorian une magnifique et inaltérable histoire d’amour. Ils sont heureux. Véritablement heureux. Le couple, qui habite dans une maison assez confortable et un peu trop grande pour eux, décide d’accueillir une locataire pour occuper une chambre inhabitée. Ils ne le font pas pour l’argent, mais pour faire du mouvement dans leur vie un peu trop stable. Ils se sentent peut-être injustement heureux. Ils voudraient être utiles. Peu importe les raisons qui font qu’ils ouvrent la porte à cette universitaire, étudiante en philosophie, ils seront confrontés à une jeunesse engagée, foncièrement différente d’eux. Et pour Fanny, cette rencontre déclenchera un désir absolu de redéfinir sa façon d’être au monde. Parce que malgré un bonheur évident, un équilibre sain, elle a envie de se remplir de partout. De faire éclater un peu de son univers et d’agir, peut-être, comme une courroie de transmission entre son ici et cette jeunesse qu’elle tente de comprendre. De comprendre pour vrai.


Rébecca Déraspe

Notes d’intention

Les pires souffrances sont celles dont il ne reste rien. Nous le savons, le vivons et déplorons incessamment les absences de ces témoignages essentiels. Depuis la création de L’amour et les forêts en 2016, en passant par Othello en 2018, la question des souffrances non vengées ne me quitte pas. Et l’art a cette faculté de relayer ces tragédies funestes, de leur tendre la main, en leur redonnant la vie que la bêtise ou la fatalité leur a trop facilement arraché. Le bafouement systémique des femmes et de leur réalité est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations. Mais il était urgent pour nous, acteurs du collectif, de s’emparer autrement de ces questions : passer du féminicide à l’émancipation heureuse d’une femme de 50 ans. Aussi nous sommes nous tournés vers Rébecca Déraspe – dont l’engagement féministe n’altère pas la poétique mais en renforce la puissance – et Rémy Barché pour en produire une narration singulière et tenter d’en conjurer le sort. Ce spectacle prendra la forme d’une joyeuse danse langagière au-dessus du gouffre que le temps creuse dans la chair et dans les cœurs. Déployée dans un grand éclat de rire.

Fabien Joubert

Lorsque Fabien Joubert m’a parlé du projet qu’il avait envie que je mette en scène, le point de départ était extrêmement simple : il faudrait un beau rôle pour Gisèle Torterolo, comédienne emblématique de la compagnie. Cette suggestion m’a tout de suite plu, d’abord parce que j’aime beaucoup la comédienne qu’elle est, mais aussi parce qu’elle posait implicitement la question de l’invisibilité des rôles féminins de plus de cinquante ans dans le répertoire théâtral. Gisèle a 55 ans. Il existe de nombreux rôles magnifiques dans lesquels elle pourrait être distribuée, mais ce ne serait pas le personnage principal. Plutôt la mère du personnage principal, ou en tout cas un rôle dont les problématiques ne seraient intéressantes que dans la mesure où elles se définissent par rapport au questionnement existentiel d’un personnage masculin plus important. Cette absence quasi-totale, sur les plateaux, de figures féminines fortes qui auraient passé la cinquantaine n’est certainement pas un hasard. Elle reflète une disqualification sociale encore à l’œuvre aujourd’hui. Il est évident que le théâtre a un rôle à jouer dans l’évolution des imaginaires et de la représentativité des êtres rendus invisibles par les diktats de la consommation, de la publicité et du mode de pensée patriarcal.

Rémy Barché

Spectacles

Le Promontoire

de Jean-Marie Piemme

à partir du Promontoire du songe de Victor Hugo, du Service public de lecture de la O’Brother Company

Sur une idée de Fabien Joubert et Cécile Arthus

Mise en scène Cécile Arthus

Distribution

avec Anne-Laure Hagenmuller et Fabien Joubert

spectacle pour salle de classes de collège et lycée

durée 50 minutes

Tout public à partir de 13 ans

crédit photo Stéphane Thevenin


Calendrier

Résidences de création

au NEST – CDN transfrontalier de Thionville du 15 au 19 juin 2020
à l’ACB Scène nationale de Bar-le-Duc du 12 au 19 octobre 
à Reims du 19 au 23 octobre 
à la Méridienne de Lunéville du 2 au 4 novembre

Représentations 

du 9 au 10 novembre dans les classes de Lunéville programmation de la Méridienne de Lunéville les 26 et 27 novembre et du 30 novembre au 2 décembre dans les classes de de Bar-le-Duc – programmation de l’ACB Scène nationale de Bar-le-Ducdu 30 mars au 1er avril en décentralisation à Bar-le-Duc programmation de l’ACB Scène nationale de Bar-le-Duc les 13 et 14 avril dans les classes de Saran programmation du Théâtre de la tête noire de Saran

Saison 2021-2022

· Le 17/09/2021 à La Manufacture – Nancy
· Les 7 et 8 octobre les Sentiers du Théâtre
· Le 14 octobre au Théâtre Universitaire de Nancy et au lycée professionnel Paul Lapie de Nancy
· Les 10 et 11 janvier 4 représentations au lycée Camille Sée de Colmar
· Le 26/04/2022 2 représentations à la MJC Calonne – Sedan
· le 20 mai 2 représentations au Collège Jules Lagneau
le 3 Juin 2 représentations au Collège Pierre Adt / Forbach
· Le 7 Juin 2 représentations au Collège Jean Jaurès / Sarreguemines
· Le 13 Juin 2 représentations au Collège La Grande Saule / Falck
· Le 14 Juin 2 représentations au Collège La Carrière / St Avold
· Le 16 Juin 2 représentations au Collège Louis Pasteur / Florange
· Le 17 Juin 2 représentations au Collège Pilatre de Rozier / Ars sur Moselle)
· Le 20 Juin 2 représentations au Collège Evarist Galois / Algrange
· Le 23 Juin 2 représentations au Collège Jules Ferry / Woippy

La pièce

Dans une salle de classe, un acteur vient parler aux élèves de son métier et de sa passion pour la poésie. Dès les premiers mots, un élève réfractaire intervient et va progressivement donner à la rencontre, déjà peu conventionnelle, un accent étrange. De son côté, pour toucher les élèves et les rattacher à leur propre histoire, l’acteur les entraîne hors des sentiers battus. En partageant sa vision de la liberté et son goût pour la vie, il leur propose de changer de point de vue pour regarder le monde différemment, jusqu’au moment où une révélation fait basculer la représentation.

Projet créé par Cécile Arthus et Fabien Joubert au sein d’établissements scolaires, Le Promontoire est une invitation à sortir du cadre, à s’émanciper du rôle défini par l’ordre établi et à lire de la poésie pour en extraire « la substantifique moelle » de la vie.

De décalages en situations inattendues, le texte joue sur les faux-semblants et les élèves passent du statut de témoins à celui d’acteurs, puis de spectateurs.

« On lit oon écrit de la poésie non pas parce que c’est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l’on fait partie de l’humanité, et que l’humanité est faite de passions. » Tom Shulman

Notes d’intention

C’était un soir à Mulhouse, nous marchions dans les rues, Fabien venait de jouer dans un spectacle que je venais de voir. Nous sommes tous les 2 de la Région Grand-Est, nous y avons nos compagnies, et c’est donc assez naturellement que nous échangeons sur nos activités respectives. Rapidement, Fabien me parle du « Service public de lecture » et me dit qu’à travers cette action dans les lycées, son seul rêve, plus tard quand il regardera en arrière, serait que tous les lundis matins, dans toutes les écoles de France, un acteur ou une actrice soit à la disposition des professeurs pour lire des textes aux élèves.

Son désir irréductible de transmettre aux jeunes générations l’importance de la langue et du génie littéraire » me touche. Le grain de sa voix, sa personnalité, sa générosité et en même temps sa simplicité m’interpellent. Il me parait avoir échappé à une forme de lassitude, il est intarissable, vivant et passionné, il a un secret c’est sûr, un secret que je veux percer, un secret que je veux mettre en scène.

Cette rencontre s’inscrit donc évidemment en moi et je vais la laisser voyager dans mon esprit pendant plusieurs mois. 18 mois se passent puis je recontacte Fabien à l’été 2019.

Notre échange reprend, il est nourrit et évident. Nous reparlons du Service public de lecture, de sa récente découverte du Promontoire du songe de Victor Hugo, d’Annie Lebrun, de Charlotte Delbo, du spectacle By heart de Tiago Rodriguez, de Monsieur Kitting dans Le cercle des poètes disparus et de comment nos vies d’adolescents ont été modifiées par la rencontre avec le théâtre et les grands auteurs et les grands textes du répertoire.

Très rapidement, l’envie s’impose de travailler ensemble à la création d’une forme légère, nomade d’environ 1 heure, qui se jouerait dans les salles de classe. Nous souhaitons transformer cette magnifique action de pratique artistique qu’est le Service public de lecture, en un spectacle. Nous souhaitons faire vivre aux élèves-spectateurs une expérience inattendue, ludique et poétique. Nos expériences respectives nous poussent en effet sans cesse à la recherche de nouveaux espaces de création et de représentations. A l’encontre du discours sécuritaire de la réussite qui voudrait faire de l’école un lieu « sans histoire », nous proposons d’y introduire pleins « d’histoires », où chacun puisse puiser, se reconnaitre ou découvrir.

Transformer les salles de classe en scènes pour l’imaginaire.

Cette idée rebondit et touche la metteur en scène que je suis. D’abord, parce que les salles pendant le temps scolaire apparaissent comme un terrain de jeu pour les acteurs et pour les textes, offrant un espace et un public tout à la fois intime et foisonnant, comme pourraient l’être aussi des soirées dans les internats, par exemple. Ensuite, parce que ces « lectures » ouvrent des perspectives sur le métier même de comédien. Comment, pourquoi devient-on comédien ? Pourquoi apprendre des textes par coeur ? Pourquoi cette envie de les partager ? Qu’est-ce qui déclenche cela ? Et comment les dire ? A quoi sert le théâtre ? Pourquoi y va-t-on ? Pourquoi en écrit-on ?

Cécile Arthus

Date

Les chorales de sapeurs-pompiers ne chantent que très rarement…

Distribution

Loïc Brabant, Fabien Joubert, Laurent Nouzille, Patrice Thibaud , Gisèle Torterolo , Céline Toutain

création son Antoine Reibre

création lumière Jean-Gabriel Valot

conception, mise en scène O’Brother Company

Production

Production O Brother Company
Avec l’aide à la création de la Région Grand Est et du département de la Marne, l’aide à la diffusion de la Région Grand Est et l’aide à la Résidence de la Comédie de Reims

Calendrier 

lecture déambulatoire à la Comédie de Reims le vendredi 4 octobre 2019 à 21h, le samedi 5 octobre 2019 à 15h30 et à 18h.

création le 5 janvier 2021 au Cellier à Reims
· du 5 au 9 janvier 2021 au Cellier de Reims.
· les 11 et 12 mai en décentralisation à Bar-le-Duc – programmation de l’ACB Scène nationale de Bar-le-Duc.
· le 1er juin à l’ACB Scène nationale de Bar-le-Duc.

Saison 2021-2022

· Du 04 au 08/01/2022 Au Cellier – Reims
· Le 01/02/2022 à l’OMA – Commercy

D’APRÈS LES MONTY PYTHON

Les chorales de sapeurs-pompiers ne chantent que très rarement des chansons ayant trait à Marcel Proust spectacle constitué à partir des textes, pensées et dialogues de sourds (publiés aux éditions du cherche midi) que les Monty Python nous ont laissés est le troisième volet d’un cycle inauguré en 2018 autour des écritures anglaises. Othello en constitua la polarité noire et tragique, Les Grandes Espérances celle à destination des enfants, et ce spectacle apparaît comme une synthèse consolatoire et satyrique.
Il en va du rire comme du mal, ou de la beauté : celui qui l’éprouve ou le reconnait dans l’évidence d’une émotion perd ses moyens dès qu’il s’agit de décrypter ses certitudes irréfléchies.
Aussi, n’en déplaise à ceux qui confondent le sérieux et l’ascèse, la « gravité et la profondeur », l’éclat tempétueux du rire et la bêtise, je crois que celle et celui que le rire emporte s’oublie et s’annihile enfin, déposant à ses pieds son obsession de conquête sociale et monétaire, niant pour un instant la quête de l’avoir et de ses satisfactions immédiates.
Car le rire n’est pas une gratuité insignifiante. Il a une portée morale et une signification métaphysique. Son premier rôle est de corriger la raideur en souplesse. Et si la fragmentation que le mental introduit partout est nuisible, l’ironie du rire la met partout en question.
Le rire réintroduit dans la vie individuelle et dans la vie collective la fluidité qui lui manque souvent : il ramène ce qui est figé et mort, vers la Vie.
L’humour des Pythons naît de la collision perpétuelle du grandiose et du banal, des aspirations et de la réalité, du glorieux et du réaliste, des hiérarchies et de leur vacuité. Sur bien des points, ils oeuvrent dans le même sillon que Flaubert avec son Dictionnaire des idées reçues. Humour potache, carabin, protéiforme : oui, mais au service d’un démantèlement sans fard du sens commun, de la routine, et des habitudes.

Fabien Joubert


« Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature. Nos yeux, aidés de notre mémoire, découperaient dans l’espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. Notre regard saisirait au passage, sculptés dans le marbre vivant du corps humain, des fragments de statue aussi beaux que ceux de la statuaire antique. Nous entendrions chanter au fond de nos âmes, comme une musique quelquefois gaie, plus souvent plaintive, toujours originale, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure. Tout cela est autour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien de tout cela n’est perçu par nous distinctement. »

Henri Bergson, Le rire – Chapitre III – Le comique de caractère